La Xaintrie - Les tours de Merle
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1603-2020 : Les cloches de Saint-Bonnet-les-tours-de-Merle

D 21 mars 2021     H 22:02     A Pierre     C 0 messages


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Une histoire en quatre étapes et trois noms successifs de la commune :
- 1603 : une nouvelle cloche pour l’église de Saint-Bonnet-le-Pauvre.
- 1747 : La « petite cloche » de l’église de Saint-Bonnet-le-Pauvre cassée par le sonneur est réparée et renforcée.
- 1793 : Une cloche de l’église de Bonnet-le-Pauvre pour la défense de la patrie en danger.
- 2020 : La municipalité de Saint-Bonnet-les-Tours-de-Merle organise une cagnotte pour faire revivre la cloche de 1603.

1603 - Une nouvelle cloche à Saint-Bonnet

Cette date est mentionnée sur la cloche, avec cette inscription :

SANCTE BONETI, ORA PRO NOBIS. NOBLE CLAVDE DE PESTEILH. FAICT LAN MIL SIX CENT 3.

Un Claude de Pesteilh a été curé de cette paroisse : c’est peut-être lui qui est mentionné ici. La famille de Pesteilh (ou Pestel) fait partie des familles qui ont construit les tours de Merle et le château du Rieu, qui s’appelait à l’origine « la Maison neuve » des Pesteilh.

1747 – La « petite cloche » cassée par le sonneur est réparée et renforcée

Le registre paroissial de 1747 parle dans les termes suivants d’une autre cloche :
« La petite cloche de ceste paroisse fut fendue considérablement quelques jours avant la Noël de 1746, par l’imprudence d’un homme qui, sonant la nuit, suivant la coutume, le batan à la main, frappa avec trop de force.
« Cette cloche fut refaite en 1747 à Roffiac par le nommé Gausbert. L’ancienne pesoit 100 livres, la nouvelle a pesé 140. Suivant le prix fait du 12 mars 1747 on donnait 40 livres pour la façon, à la rendre au même poids, et on devoit paier l’augmentation à raison de 25 sous la livre pesant. Les 40 livres d’augmentation ont monté 50 livres : avec les 40 livres-façon, font 90 livres, qui ont été paiées par le sindic fabricien [1].
« La bénédiction de ceste cloche a été faite le 19 août an susd. M. de St-Geniès, parin, a donné douze livres ; madame de Massabeau, marreine ; mademoiselle de Massabeau, sa fille, a tenu sa place et a donné six livres ; madame de St-Genies a donné trois livres ; M. de Comarques 24 sols [2] et un particulier 2 sols. »

Sources :
Dictionnaire historique et archéologique des paroisses du diocèse de Tulle – Abbé J-B Poulbrière – Brive – 1910
Registre paroissial St Bonnet décembre 1746 – AD 19

1793 – Une cloche pour la défense de la patrie en danger

Le 15 Brumaire an II (19 novembre 1793) le conseil général de la ville de Tulle et le comité de surveillance réunis rédigent en ces termes le procès-verbal de leur séance : « Un membre du comité expose les circonstances critiques où se trouve la chose publique dans le département. Dans plusieurs communes il fourmille des personnes suspectes, et on ne fait aucune arrestation... Les subsistances inquiètent tous les esprits. Vingt commissaires sont nommés. Le 20 brumaire ils recevront les renseignements nécessaires à leur mission. Le décret précise qu’ils doivent voir toutes les autorités, procéder à toutes arrestations, examiner les déclarations de grains, pommes de terre et châtaignes, faire terminer les battaisons et porter aux greniers de subsistances les excédents. « Ils regarderont comme au-dessus du nécessaire à la subsistance d’une famille jusqu’à la récolte tous les grains excédant 4 quintaux par tète composant chaque ménage », déduction faite aussi des châtaignes et pommes de terre « pour tout le temps où ces derniers peuvent donner à vivre ».
(Archives Départementales de la Corrèze L. 53).

La Révolution entre dans sa phase la plus noire, celle de la Terreur. La Nation est déclarée en danger et, partout en France, on fond les cloches des églises pour faire des canons, on récolte le salpêtre dans les caves des maisons pour fabriquer de la poudre à canon. Dans leur rapport, les commissaires notent qu’une cloche est descendue du clocher par les habitants de Saint-Bonnet-le-Pauvre :
« Le 18, nous nous sommes rendus a St-Bonnet-le-Pauvre. Le serment du curé en règle ainsi que les registres et les déclarations de grains. L’esprit républicain n’y est pas prononcé. Cette commune a descendu en notre présence une cloche, La commune a été invitée de changer de nom [3]. Nous avons visité un château situé aux Rieux, auquel avons trouvé une tour qui nous a paru dangereuse [4] ».
Curé : Jean-François Cassan - il ne quitta pas la paroisse [5].

Source : La Révolution en Xaintrie – Journal d’opérations de deux commissaires - Bulletin de la Société des lettres, sciences et arts de la Corrèze – Tomes 44 & 45 – 1926 & 1928 - Voir le texte complet du Journal d’opérations de deux commissaires.

La cloche descendue du clocher est probablement la « petite cloche » mentionnée en 1747.
La seconde cloche, celle qui a survécu, a peut-être été mise en sécurité quelque part dans la commune.

2020 – Une cagnotte pour faire revivre la cloche de 1603

Depuis plusieurs mois, le clocher de Saint-Bonnet est muet. Triste fin de cette histoire mouvementée ? Non, la cloche va revivre, si les Saint-Bonnetois le veulent.
Une cagnotte en ligne est organisée par la municipalité. Très rapidement, la somme nécessaire pour réparer le mécanisme est rassemblée.
La vieille cloche de Saint-Bonnet a retrouvé sa voix, pour le grand plaisir des Saint-Bonnetois..


Cette page sur l’histoire de Saint-Bonnet n’est peut-être pas ici dans sa version définitive. Si de nouvelles informations sont découvertes, elle sera mise à jour.


[1Sindic fabricien : sous l’ancien régime, les biens matériels et les finances des paroisses étaient gérés par une association de paroissiens appelée « fabrique ». Le syndic était le responsable de cette association. Cette organisation existe encore aujourd’hui, sous la forme d’association type loi de 1901.

[2Une livre = 20 sols.

[3Pendant la Révolution la commune s’appelle « Bonnet-le-Pauvre ». Elle reprendra son nom d’origine après la Révolution

[4Dangereuse pour la sécurité de la République.

[5En 1793, de nombreux prêtres furent persécutés pour n’avoir pas prêté le serment qui leur était demandé par le gouvernement. Beaucoup émigrèrent à l’étranger (en Espagne, pour ceux du sud-ouest)

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